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Salaire d'un kinésithérapeute : ce que gagne vraiment un kiné

Salaire kiné en 2026 : grille hospitalière, chiffre d'affaires et charges en libéral, rétrocession du remplaçant, évolution avec l'ancienneté. Les chiffres, leurs sources, et ce qui reste net.

23 juillet 20266 min de lecture
Kinésithérapeute mobilisant la jambe d'une patiente sur une table de soin

La question revient à chaque étape d’une carrière de kinésithérapeute : à la sortie de l’institut, au moment de choisir entre salariat et libéral, quand un remplacement se transforme en collaboration, ou simplement quand on se demande si l’on est dans la moyenne. Le problème est que les chiffres qui circulent mélangent des choses très différentes : un traitement brut de fonctionnaire, un chiffre d’affaires libéral et un bénéfice après charges ne se comparent pas.

Cette page remet chaque chiffre à sa place, avec sa source, et explique ce qui reste réellement à la fin.

Les trois chiffres à ne pas confondre

Avant toute comparaison, il faut distinguer :

  • le traitement brut du salarié, base de calcul avant cotisations, auquel s’ajoutent primes et indemnités ;
  • les recettes encaissées du libéral, c’est-à-dire le total des honoraires, qui n’est pas un revenu ;
  • le bénéfice, ce qui reste au libéral une fois les charges professionnelles et les cotisations sociales déduites, avant impôt sur le revenu.

Un kiné libéral qui annonce « 85 000 € » et un kiné hospitalier qui annonce « 2 400 € » parlent de deux grandeurs qui n’ont pas le même sens. Presque tous les malentendus sur le salaire de la profession viennent de là.

Le salaire d’un kiné salarié

La grille de la fonction publique hospitalière

Les masseurs-kinésithérapeutes hospitaliers relèvent de la catégorie A. Le corps compte deux grades, classe normale et classe supérieure, et une vingtaine d’échelons au total, parcourus à l’ancienneté.

Repère de carrièreIndice majoréTraitement brut mensuel
Début de carrière427environ 2 100 €
Fin de classe normale727environ 3 580 €
Fin de carrière, classe supérieure769environ 3 790 €

Ces montants correspondent au salaire de base seul, celui que la grille fixe selon l’ancienneté. Aucune prime n’est comprise dedans, et les primes pèsent lourd. La principale s’appelle le complément de traitement indiciaire : c’est la prime mensuelle créée par le Ségur de la santé en 2020 et versée à tous les soignants de l’hôpital public, quel que soit leur métier ou leur ancienneté. Elle représente environ 240 € brut par mois. S’y ajoutent, selon les établissements, la prime de service et les indemnités liées au travail de nuit, de week-end ou de jour férié.

Le premier enseignement de cette grille, c’est son amplitude : environ 1 700 € brut d’écart entre le premier et le dernier échelon, mais étalés sur une carrière entière. La progression est certaine et lente.

Le salariat en club, en centre ou en cabinet

Hors hôpital, le salaire n’est plus indiciaire mais conventionnel ou négocié. Un kinésithérapeute employé par une structure sportive relève le plus souvent de la convention collective nationale du sport, dont les minima applicables au 1er janvier 2026 s’échelonnent d’environ 1 850 € à 2 870 € brut mensuel pour les groupes 1 à 6, les deux groupes les plus élevés étant fixés en rémunération annuelle. Ce sont des planchers de branche, pas des salaires constatés : la rémunération réelle dépend du niveau de responsabilité et de la structure.

En centre de rééducation ou en établissement privé, le salaire d’embauche se négocie, et l’argument de négociation le plus solide reste la tension démographique locale.

Le revenu d’un kiné libéral

C’est le mode d’exercice très largement majoritaire : selon les données de l’Ordre, la France comptait environ 109 000 masseurs-kinésithérapeutes inscrits en 2025, dont près de 85 % en exercice libéral ou mixte.

Des recettes au bénéfice

Le libéral encaisse des honoraires puis paie ses charges. L’ordre de grandeur le plus souvent cité pour un titulaire est d’environ 85 000 € de recettes annuelles, dont 45 à 55 % partent en charges professionnelles et cotisations sociales. Les statistiques UNASA publiées en 2025 sur l’exercice fiscal 2023 situent le bénéfice moyen d’un praticien installé autour de 40 700 € par an, soit de l’ordre de 3 400 € par mois avant impôt sur le revenu.

Le chiffre à regarder n’est pourtant pas la moyenne mais la médiane, nettement plus basse, autour de 31 000 € par an. Un écart de cette ampleur entre moyenne et médiane signifie une chose précise : une minorité de praticiens à fort volume tire la moyenne vers le haut, et la moitié de la profession gagne moins que ce que la moyenne laisse croire.

Ce que recouvrent les charges

PosteCe qu’il contient
Charges socialesURSSAF, CARPIMKO pour la retraite et la prévoyance, CSG-CRDS
Frais de cabinetLoyer ou redevance de collaboration, énergie, entretien
ExerciceMatériel et consommables, logiciel, télétransmission, assurance responsabilité civile professionnelle, cotisation ordinale
GestionComptabilité, association de gestion agréée le cas échéant
FormationFormation continue, diplômes universitaires, congrès

La part sociale est celle qui surprend le plus les jeunes installés, parce qu’elle est appelée avec décalage : les cotisations de la première année complète tombent souvent au moment où l’activité se stabilise à peine.

Le cas du remplaçant

Le remplaçant n’est pas salarié : il exerce en libéral et perçoit une rétrocession sur les honoraires qu’il encaisse pour le compte du titulaire. Aucun texte n’impose de taux. En pratique, la rétrocession se négocie entre 65 et 80 % des honoraires, 70 % étant la valeur la plus couramment observée, et le curseur dépend de ce que le titulaire met à disposition : locaux, plateau technique, secrétariat, logiciel, patientèle déjà installée.

Sur cette rétrocession, le remplaçant supporte ensuite ses propres cotisations. C’est pourquoi un taux affiché élevé sur une patientèle irrégulière peut valoir moins qu’un taux plus bas sur un planning plein.

Libéral ou salarié : ce que la comparaison oublie

Le libéral gagne en moyenne davantage, mais la comparaison n’est honnête qu’en intégrant ce qui ne figure sur aucune fiche de paie.

SalariéLibéral
RevenuPlus faible, prévisiblePlus élevé en moyenne, variable
CongésPayésÀ financer sur le bénéfice
Arrêt de travailMaintien de salaire et indemnitésPrévoyance à souscrire, carence à couvrir
RetraiteConstituée automatiquementCARPIMKO, complétée par arbitrage personnel
ProgressionGrille et anciennetéVolume, organisation, spécialisation
Charges fixesAucuneLoyer, matériel, logiciel, assurances

Une semaine d’arrêt coûte zéro au salarié et coûte au libéral à la fois ses honoraires et ses charges fixes, qui continuent de courir. C’est le paramètre le plus souvent négligé au moment du choix.

Comment un revenu de kiné progresse réellement

Dans le public, la progression est indiciaire : elle est acquise, mais elle n’est pas pilotable. En libéral, elle vient de quatre leviers, et un seul est vraiment sous contrôle à court terme.

  1. Le volume d’actes, plafonné par le temps disponible et par la fatigue. C’est le levier le plus immédiat et le moins soutenable.
  2. L’organisation du cabinet : réduction des trous de planning, gestion des annulations, mutualisation des frais. C’est le levier le plus rentable et le plus sous-estimé.
  3. La spécialisation, qui ouvre des prises en charge mieux rémunérées : des motifs de consultation que peu de confrères prennent en charge dans le secteur, des actes hors nomenclature facturés en honoraires libres, et une patientèle qui accepte de venir de plus loin. Elle ne passe pas forcément par un diplôme universitaire : une formation courte de quelques jours sur un motif précis, épaule, course à pied, rachis, périnée, suffit souvent à ouvrir une file de patients, et elle se rentabilise en une saison là où un cursus long se compte en années.
  4. La diversification, qui consiste à faire entrer du revenu qui ne dépend pas du planning du cabinet : séances de groupe, encadrement et formation, et missions ponctuelles auprès de structures extérieures, club ou événement sportif, entreprise, collectivité.

C’est ce dernier point qui explique l’intérêt croissant des kinésithérapeutes pour le sport, où la rémunération n’est pas conventionnée mais négociée à la mission. Le sujet a assez de spécificités pour mériter sa propre page : salaire d’un kiné du sport.

Pour aller plus loin

Les revenus libéraux varient fortement d’un cabinet à l’autre : les chiffres de cette page sont des repères de comparaison, pas une projection individuelle.

Questions fréquentes

Combien gagne un kinésithérapeute par mois ?

Cela dépend d'abord du mode d'exercice. Un masseur-kinésithérapeute de la fonction publique hospitalière perçoit un traitement indiciaire d'environ 2 100 € brut par mois en début de carrière et d'environ 3 800 € en fin de carrière. Ce sont des salaires de base, sans les primes : il faut y ajouter la prime mensuelle du Ségur de la santé, environ 240 € brut, versée à tous les soignants de l'hôpital public. En libéral, ce n'est pas un salaire mais un bénéfice : les statistiques UNASA publiées en 2025 sur l'exercice 2023 situent le bénéfice moyen d'un praticien installé autour de 40 700 € par an, avec une médiane nettement plus basse, aux alentours de 31 000 €.

Un kiné libéral gagne-t-il plus qu'un kiné salarié ?

En moyenne oui, mais l'écart est plus faible qu'il n'y paraît une fois les charges et la protection sociale prises en compte. Le libéral encaisse des honoraires bruts dont l'ordre de grandeur souvent cité est de 85 000 € par an pour un titulaire, mais 45 à 55 % partent en charges professionnelles et cotisations. Le salarié a un revenu plus faible et plus prévisible, des congés payés, des indemnités journalières et une retraite constituée sans arbitrage de sa part. Le libéral a un revenu plus élevé mais assume ses charges fixes, ses arrêts et sa protection sociale.

Quel est le taux de rétrocession pour un remplaçant kiné ?

Il n'existe aucun taux imposé par un texte. La rétrocession se négocie dans le contrat de remplacement et se situe le plus souvent entre 65 et 80 % des honoraires encaissés, 70 % étant la valeur la plus fréquemment observée. Le taux dépend de ce que le titulaire met à disposition : locaux, plateau technique, secrétariat, logiciel, patientèle déjà constituée. Le remplaçant reste un libéral : sur ce qu'il perçoit, il supporte encore ses propres cotisations.

Combien reste-t-il net à un kiné libéral une fois les charges payées ?

En ordre de grandeur, il faut compter 45 à 55 % de charges sur les recettes encaissées : loyer et frais de cabinet, redevance de collaboration éventuelle, matériel, assurances, comptabilité, cotisation ordinale, et surtout les cotisations sociales URSSAF et CARPIMKO. Un praticien qui encaisse 85 000 € d'honoraires dégage donc typiquement un bénéfice de l'ordre de 40 000 € avant impôt sur le revenu. Ces proportions varient fortement selon le mode d'exercice et la structure de frais du cabinet.

Le salaire d'un kiné augmente-t-il avec l'ancienneté ?

Dans le salariat public, oui, mécaniquement : la carrière se déroule le long d'une grille d'échelons et de deux grades, de l'indice majoré 427 à l'indice majoré 769, soit environ 1 700 € brut d'écart entre le début et la fin de carrière. En libéral, il n'y a pas d'avancement automatique : la progression vient du volume d'actes, de l'organisation du cabinet, des spécialisations qui justifient des actes hors nomenclature et du choix de la patientèle. C'est ce qui explique l'écart entre la moyenne et la médiane de la profession.

Sources

Cet article a une visée informative. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé, seul habilité à poser un diagnostic et à prescrire un traitement.

Des missions sur des événements sportifs, près de chez vous

Tries met en relation les professionnels de santé et les clubs de sport qui cherchent une couverture pour leurs compétitions et leurs entraînements. Un cadre défini avant la mission, des deux côtés.